Electrique 4d
La photo. L'immensité du hasard de sa découverte le frappe un instant. Elle, cette fabuleuse coinceuse de coeur, hackeuse en puissance, sur son l'écran impersonnel du Café Électronique ? Mais ça, un harsard ? Serait-elle si au fait de sa présence ? Se sentirait-elle traquée ? Veut-elle semer le doute dans son esprit ? Eh bien, se dit-il, voilà qui est fait ! Mais il la tient maintenant, oh oui... Il amorce un regard la sur la silouhette électrique, mais se ravise au dernier instant, se
remémorant l'incroyable puissance séductrice du personnage à ses côtés.
Puis sans raison, ses pensées se perdent, se mettent à virvolter, planant
quelques instants sur la silouette de la femme électrique, puis sur le but
de sa venue ici... mou, il se sent mou, puis l'instant d'après, sa volonté
semble disparaître, ses émotions se diluer dans toutes les cellules de son
corps. Un choc, sa vue se trouble, mais ses pensées s'affinent un instant,
serait-ce ce moka java, dont la tasse au rebord teinté de bleu lui a été
amené bien innocemment ? Elle ? Comment aurait-elle pu... et avec quoi...
Analysant son état, il soupçonnne une quelconque drogue, de celles dont se
servent les puissants pour servir leur profit... Il connait un mélange
très efficace... amphétamine, codéine et cokaïne, un mélange savant et
pouvant déconnecter de la réalité le plus alerte des examinateur.
Agirait-elle de pair avec les tenanciers du café ? Merde, il ne doit pas
se laisser aller, il faut faire un rapport, vite, avertir les gens capables
de débrouiller ce qui commence à ressembler à une sérieuse affaire ! Elle
est belle et bien vivante, cette fantastique hackeuse professionnelle, et
elle a encore toutes ses forces dominatrice, son incroyable attirance. Il
se laisse un instant à la fixer du regard, oui, juste une fois s'engloutir
dans son regard, se fondre dans son magnétisme, se laisser déposséder de sa
volonté le temps d'un regard...
À peine ses yeux ont ils croisés les siens d'une froideur électronique
qu'elle se lève et s'approche, lui sussurant lentement dans l'oreille:
"Venez, venez...goutez, goutez... allez....". Force est d'admettre qu'il
ne pu résister, totalement envahi de sensation nouvelles causées par la
drogue... frissons, chaleur, joie intense, une euphorie inexpliquée se
répendant à la vitesse de l'éclair dans toutes les parties de son corps.
Non ! Il ne faut pas que je la suive ! Pas dans cet état ! Il faut que
je les avertisse que je l'ai trouvée ! ... peine perdu, son corps et son
âme ne peuvent ni résister à la drogue, ni à l'immense pouvoir d'attraction
de ce fantasme électrique. Où l'entraine t'elle ? À l'arrière ?
GrandFunk fstg@microtec.net
Seul, en retrait, dissimulé dans un angle mort, il observe la scène
depuis plus d'une heure... comme hier, comme la semaine dernière, comme
toujours il lui semble.
Il est paralysé, incapable de décrocher son regard d'elle presque en
transe. Elle le fascine. Il l'aime et la désire en silence.
Et ce misérable en col roulé noir qui s'approche d'elle. Trop près.
Trop insistant même. Il faut l'éliminer. Lui, les autres, Internet aussi
qui l'aveugle elle et l'empêche de le voir lui.
Une idée lui vient... une solution, un moyen d'arrêter ce cauchemar.
Brutal et efficace.
Doucement, d'un mouvement presque impercebtible il se lève et dirige
vers elle. Tout en marchant il glisse une main tremblante dans la poche
intérieur de son veston et en extrait une fine lame de métal...
Il est tout près d'elle. Son parfum l'atteint. Maintenant il est à sa
hauteur.
Il ne s'arrête pas. Il tourne vers la droite et aperçoit la porte qu'il
adéjà repérée sur le mur du fond.Le coin est sombre, discret. Il insère la lame entre le chambrale et d'un mouvement sec fait basculer le verrou. Rapidement, il s'engouffre dans la pièce et referme derrière lui. Le petit écriteau "Réservé au personnel" oscille contre lbattant.
Là, il l'aperçoit sur le mur de béton près de la porte de sortie. Grand,
gris et froid avec sa manette fatale. Il s'imagine déjà se portant au
secours de sa passion prêt à la protéger du noir qui la terrifiera. Il
sera son héros.
Il le fera. Il le veut. Il le peut.
Il saisit la manette, froide, et d'un geste brusque, l'abaisse complète.
Il l'a fait. Il a coupé l'électricité. Il le sait, dans le café, tout
s'est arrêté....
Gaston Amiot <gamiot@citenet.net>
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