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FAIS-MOI UNE SCÈNE
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En plus de 25 ans de carrière, Diane Dufresne a donné maints récitals, s'est jointe à la distribution de nombreux festivals et spectacles estivaux et s'est donnée à la télévision. Mais depuis 1976, pour peu qu'on lui donne carte blanche, Diane Dufresne ne chante pas sans avoir conçu tout d'abord un scénario de scène.
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SPECTACLES / MISES EN SCÈNE
Tiens-toé ben, j'arrive (Au Patriote, Montréal 1972.)*
Tiens-toé ben, j'arrive! s'abat en peau et en chair de poule sur le Patriote. Sur scène une fille avec les doigts dans une prise de 220 volts. Personne dans la salle ne l'inviterait dans son salon mais, là, à une certaine distance, elle fait du bien par où elle passe. Ce spectacle a été suivi d'une autre prestation au Théâtre Maisonneuve en 1973.
(À l'Olympia, Paris 1973.)
Elle encaisse la première partie - ce n'est pas une image - de Julien Clerc... en empruntant à Jeanne d'Arc qui aurait pactisé avec Barbarella sa panoplie... quand elle arrive dans ses bottes de sept lieues anti-trac c'est le chaos tout de suite. La moitié de la salle est prête à l'écouter, mais l'autre hue sans demander son reste...
Opéra-Cirque (Salle Wilfrid-Pelletier, Montréal 1974.)*
Sur disque c'est déjà l'apocalypse, imaginez sur scène. Diane ne joue pas la fin du monde, elle la vit. Elle crée l'oeuvre au premier degré: humour coupant, désespoir flamboyant. Cette folie attire, irrite, effraie.
 Mon premier show (Place des Arts, Montréal 1975.)
À proprement parler, il ne s'agit pas là du premier concert de DD mais comme son titre l'indique c'est le premier dont la chanteuse revendique la création. L'agencement des chansons forme des tableaux à l'intérieur desquels DD joue les différents personnages qui l'habitent, costumes aidant. À la fin du spectacle, alors qu'elle chante On fait tous du show business, un rideau se lève qui révèle l'arrière-scène et les coulisses.
Le 8 juillet c'est la dernière à la Place des Nations dans un costume de Pierrot.
Sans entr'acte (Place des Arts, Montréal 1977.)
Un spectacle féministe qui voit DD rendre hommage à sa mère et conjuguer Dieu au féminin (À part de d'ça, interprétée comme un gospel, se termine sur un délirant " Ainsi soit-elle » plutôt que le " Ainsi soit-il » original du texte).
Spectacle au Café Campus (Montréal 1977.)*
Tunique en cuir noir, très rock, débridée. Elle poursuit sa lutte dans un ring de catch à l'Élysée-Montmartre de Paris.
Spectacle à l'Olympia (Paris 1978.)*
Pour la première fois en vedette. Elle dira: "Ça a du poids, les murs parlent. C'est un grand souvenir de carrière, comme quand tu fais vraiment l'amour pour la première fois.» À la fin du spectacle elle fait dévêtir le "monument" du Music-Hall, le rideau de fer se lève, la porte de sa loge s'allume, le spectacle est à son paroxysme.
Comme un film de Fellini (Théâtre St-Denis, Montréal 1978.)
Spectacle capital. Pour la première fois, DD demande au public de se déguiser et foudroie l'assistance en interprétant Le parc Belmont. The rest is history.
Spectacle au Palace (Paris 1980.)
À l'occasion de la fête nationale québécoise le 24 juin. "J'ai voulu vous faire voir c'que c'était qu'une vraie québécoise". Cette fois c'est sûr elle est folle. Folle ou géniale. En apparaissant sur scène poitrine nue sous un voile couleur chair rigoureusement transparent, le sein droit rehaussé d'une fleur de lys en paillettes bleues, emblème de son Québec natal. Diane Dufresne a confirmé de belle manière qu'elle était bien la plus "éclatée" de toutes les chanteuses francophones. (Paris Match, juillet 1980.)
J'me mets sur mon 36 (Forum de Montréal, 1980.)
Après Offenbach, DD part à la conquête du Forum. Son public l'acclame comme une reine. (Yvon Deschamps va même lui offrir une Bentley après le spectacle.) Ne reculant devant rien, DD se met à nu en début de show (Striptease) et réinvente ses personnages en les magnifiant grâce à des costumes et des effets scéniques démesurés.
Spectacle de la Saint-Jean (Vieux-Port de Montréal, 1981.) En collaboration avec Jean Bissonnette.
DD s'y produit pendant près d'une heure conquérant la foule nationaliste en s'affublant d'une armure qui fait d'elle la Jeanne d'Arc des temps modernes.
Festival d'été de Québec (Plaines d'Abraham, Québec 1981.)*
En collaboration avec Mouffe. Au quatorzième Festival d'été international de Québec, elle se produit avec Yvon Deschamps dans un spectacle totalement différent de celui de la semaine précédente, à tonalité plus romantique.
Spectacle à l'Hippodrome de Paris (Porte de Pantin, 1982.)*
Turbulences en spectacle un seul soir sous ce grand chapiteau et sous influence dufresnesque, La France l'adopte. Elle arrive "seule dans un linceul" de verre, avec une robe à paillettes signée Azzaro dont la collerette en miroir réfléchit ses 3 têtes.
Hollywood / Halloween (Aussi appelé Dame de Coeur / Dame de Pique.) (Forum de Montréal, 1982.)
Deux spectacles différents, à des pôles opposés de l'imaginaire, donnés deux soirs de suite par celle que tous bientôt surnommeront la diva. Hollywood est un spectacle lumineux, un hommage au cinéma, aux allures de night-club américain. La soirée se termine sur une berceuse pour laisser le public dans un état hypnagogique. Le lendemain soir, Halloween prend des apparences de cauchemar. Tour à tour sorcière et punk, DD préside à un exorcisme collectif. En tournée, les deux spectacles sont combinés.
  Magie rose (Stade olympique de Montréal, 1984.) En collaboration avec Mouffe.
Après le Forum, DD prend d'assaut le Stade olympique, bastion des vedettes internationales. Célébration de la folie douce et d'une certaine marginalité, le rose étant la couleur emblématique de la gente gaie, ce spectacle marque le point culminant de la démesure dufresnesque. La presse le lui reprochera ad vomitum. Pourtant, le jour du spectacle, Montréal tout entière de rose vêtue (fallait voir les gens dans le métro) aura vécu son plus beau rêve.
Dioxine de carbone (Aussi appelé BLITZ) (Paris, 1984.)
Mise en scène de Hans Peter Closs avec la complicité de Diane. Spectacle que nous n'aurons jamais vu au Québec. Dommage puisque DD y donnait l'intégrale de l'opéra-cartoon de Plamondon et Finaldi. Un one-woman show des plus avant-gardistes.
     Top secret (Théâtre du Nouveau Monde, Montréal 1986.)
Sans doute le meilleur spectacle de DD, son plus théâtral et son plus ludique. L'on doit y venir déguisé en détective, en homme du monde, en femme d'époque ou en estampe japonaise pour parer aux menaces de vol dont la chanteuse se dit être la victime. Le soir venu DD joue tous les personnages de son scénario. C'est elle la voleuse (DD rockeuse), la diva en spectacle (DD tragédienne), l'estampe volée (DD objet d'art) et la diva en coulisse devant fuir ses assaillants (DD diva) : quatre actes aux couleurs différentes qui permettent à Dufresne de s'aventurer en territoire post-moderne. Entre autres lieux, le spectacle sera repris au Casino de Paris en 1987 et ensuite au Japon, à Tokyo, en 1989 au Bunkamura Hall.
 Symphonique n'roll (Colisée de Québec / Festival de Lanaudière, 1988.)
L'Orchestre symphonique de Québec invite la diva de DD à venir chanter sous la direction de Gilles Ouellet. De nouveaux arrangements donnent un lifting au répertoire de la chanteuse qui, par ailleurs, reprend certaines pièces de Follement vôtre et interprète avec bonheur certains grands airs d'opéra, Michel Robidas habille la fée des variétés lyriques.
*Le spectacle rebaptisé Symphonique n'Rock se poursuit en 1989 à la Maison des Arts de Créteil en banlieue de Paris, avec le jeune orchestre symphonique d'Europe sous la direction d'Olivier Holt.
Et le spectacle continue au Bunkamura Hall, à Tokyo en 1990 avec le New Japan Philharmonic dirigé par Gilles Ouellet. Le spectacle sera télédiffusé au Japon.
Cette série de spectacles se termine à l'Opéra Garnier de Paris en 1991.
Les Hommes de ma vie (Nanterre, Paris 1990.)*
Avec Claude Dubois, Michel Rivard et Georges Moustaki. Une seule représentation.
 Détournement majeur (Théâtre du Forum, Montréal 1993.)
Détournement majeur capture l'essence même de l'énergie dufresnesque; celle que la chanteuse distille en spectacle. C'est sur la scène que Dufresne prend possession de ses propres textes avec son corps, sa voix et ses scénarios. Au fil des ans et des tournées, Diane Dufresne a su faire de la performance un acte de création.
*Ensuite le spectacle se resserre et visite quelques festivals. Elle revient à l'Olympia de Paris. Elle boucle Détournement majeur aux FrancoFolies de Montréal en août 1994. Deux spectacles, le même soir, pour une "vieille" de 50 ans, on aurait pu craindre le pire. Ce fut sûrement l'un des meilleurs spectacles de ses 30 ans de carrière.
TÉLÉVISION / CONCEPTION
Sur la même longueur d'ondes (Radio-Canada, 1975.)
Émission concept produite par Kébec Films, où DD lipsynch dans des costumes et des décors qui illustrent la palette des chansons de son nouvel album. Les clips sont entrecoupés d'entrevues durant lesquelles DD se livre à Guy Godin, couchée sur un fauteuil de psychiatre. L'émission a été achetée par la télé mexicaine.
  Follement vôtre (Radio-Canada, 1986.) En collaboration avec Mouffe.
Deuxième incursion de DD dans la production télévisuelle. Tout comme la première, celle-ci sert à illustrer son dernier album, une anthologie de chansons d'amour destinées à fêter la St-Valentin. L'émission est assez mal reçue par la critique locale sans doute parce qu'elle ne digère pas le pastiche. Il faut avouer cependant que le lipsynch ne sied guère au style de DD, qui excelle dans la communication directe avec son public. Follement vôtre rapporte le premier prix de la catégorie "Présentation Spéciale" au 17e Festival international de la télévision de Banff.
Une ville au sommet (Chalet du Mont-Royal, 1991.)
DD reçoit la commande de monter un spectacle destiné aux maires du monde, en l'honneur du 350e anniversaire de Montréal. Sans doute parce qu'elle a à répondre aux exigences de Radio-Canada et qu'elle doit composer avec des artistes internationaux qui ne se connaissent pas et dont le style est plus conservateur que le sien, le spectacle qu'elle a conçu s'avère étrangement ampoulé. Outre ses propres performances, seule la présence d'une soprano trapéziste dénote la fantaisie à laquelle DD nous a habitués.
TÉLÉVISION / RÉALISATION
Nippon blues (1992)
Premier d'une série de documentaires consacrés aux villes du monde qui font vibrer DD. Nippon blues s'avère un portrait poétique et personnalisé de Tokyo. On dit que c'est le seul de ses documentaires à intéresser la télévision ; les autres ne la mettant pas assez en vedette !
Johanne Larue (La revue Chansons), André Ducharme*.
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